La succion de l’enfant dans l’allaitement

 

En consultation, un matin, se présente le petit Eric, un mois. Sa maman l’allaite depuis l’accouchement, mais depuis quelques temps la tétée devient douloureuse pour elle. Eric pince l’aréole de ses seins et lui crée des douleurs dans la poitrine. Les moments d’allaitement perdent alors tout leur confort. Eric devient peu à peu plus colérique, et se met même à pleurer au sein. Quand à sa maman, elle devient inquiète : pourquoi son enfant n’aime plus être au sein ? Qu’est ce qui le gène ? Pourquoi sa poitrine est-elle sensible alors que pour son premier enfant elle n’avait jamais eu de douleurs ? Est-il bon de continuer l’allaitement dans ces conditions ?

Déprimée, la maman d’Eric décide tout de même de maintenir l’allaitement car elle sait que c’est la meilleure façon de nourrir son enfant. Elle se tourne alors vers une conseillère en lactation : Christelle Mossière. Celle-ci examine l’enfant et la mère, puis observe la succion de l’enfant. C’est là que quelque chose retient son attention : le petit Eric n’arrive pas à ouvrir suffisamment la bouche pour attraper l’aréole, et du coup, il pince le sein de sa mère. Cela crée des douleurs chez elle et un sentiment de frustration chez lui, ce qui le fait pleurer.

Grâce au diagnostic de Christelle Mossière, j’ai pu recevoir Eric et sa maman quelques jours plus tard. C’est pendant la consultation que j’examine la succion du nourrisson : sa mâchoire parait comme « bloquée » et ne s’ouvre pas assez. La déglutition est aussi difficile. Je regarde également attentivement son crâne et ses cervicales où je note de nombreuses tensions.

Une fois le diagnostic posé, le traitement ostéopathique entre en jeu : après quelques minutes de soins, la mâchoire du petit Eric est « débloquée », il peut désormais ouvrir grand la bouche et déglutir normalement : sa succion devient fluide. Eric peut désormais téter normalement. 


Il y a quelques semaines, j’ai pu recroiser Eric et sa maman. Celle-ci a complètement changée : depuis la consultation, l’allaitement se passe beaucoup mieux : Eric prend plus de poids, et elle n’a plus de douleurs dans la poitrine. Elle dort mieux et tous les deux paraissent épanouis. C’est à sa demande que j’écris cet article : les mamans qui reconnaissent ces symptômes ne doivent pas baisser les bras devant un allaitement douloureux, mais se tourner vers des professionnels de santé qui pourront les aider, afin de poursuivre l’allaitement le plus longtemps possible et offrir le meilleur à leur enfant.